Posted on 18 novembre 2020 in Non classé

Un protestantisme pluriel

Un protestantisme pluriel

Luther a été le premier à fonder et à inscrire dans la durée une Eglise de la Réforme en rupture avec le dogme romain, mais parallèlement, dans un contexte culturel et politique différent, d’autres réformateurs l’ont suivi dans cette voie. D’où la pluralité du protestantisme. Les divers courants se distinguent surtout par les rites et l’organisation des Eglises.

Genève et la réforme calviniste

Le premier foyer de réforme en Suisse est Zurich : Ulrich Zwingli (1484-1531), curé de la cathédrale de la ville, suit un chemin parallèle mais distinct de Luther ;  dès les années 1520, il dénonce en chaire les pratiques de l’Eglise qui n’ont pas de fondement dans les Ecritures. Condamné par son évêque, il est soutenu par le Conseil de Zurich, qui en 1525 abolit la messe dans la ville. Il est bientôt suivi par Bâle, Berne, Strasbourg (et son réformateur Martin Bucer), Neuchâtel, Montbéliard et Genève. En 1536 paraît un ouvrage qui va connaître un succès considérable et qui assurera d’emblée la notoriété de son auteur, L’institution de la religion chrétienne. Il s’agit d’un jeune inconnu, Jean Calvin (1509-1564), né à Noyon en Picardie, qui se destinait initialement à la prêtrise mais qui a fait des études de droit. De passage cette même année à Genève, il y est retenu comme pasteur par Guillaume Farel. Après un intermède à Strasbourg, où il fonde la première Eglise réformée française pour les réfugiés du royaume, il est rappelé à Genève en 1541, dont il fait le centre de la Réforme de langue française. Il y exercera pendant près d’un quart de siècle un double ministère de pasteur et de docteur.

 

La réforme “radicale”

Des voix se lèvent pour associer au renouveau spirituel des revendications sociales et libérer le peuple du joug des seigneurs. Ainsi des révoltes paysannes affectent l’Empire germanique en 1524-1525. Mais Luther prend le parti de l’ordre et se range du côté des princes. D’autres mouvements refusent le baptême des petits enfants, d’où leur qualificatif d’anabaptistes qui les désignent communément. Il feront partout l’objet de persécutions.

La réforme anglicane

Le pape ayant refusé d’annuler le mariage d’Henri VIII avec Catherine d’Aragon, union restée sans héritier mâle, le roi décide de rompre  avec Rome et de prendre la tête de l’Eglise d’Angleterre, tout en restant fidèle au catholicisme. Ce n’est qu’à sa mort, avec l’arrivée de Bucer, contraint de fuir Strasbourg, que l’Angleterre bascule dans la Réforme et ne s’y maintient définitivement que sous le règne d’Elisabeth 1ere. De fait, avec un dogme protestant et une hiérarchie et des célébrations proches du catholicisme, l’anglicanisme, d’ailleurs très divers lui-même, réalise ce qu’on a pu appeler un “protestantisme épiscopal”.

Extrait de Le Temple-Neuf, au coeur du protestantisme messin, par le Dr Pierre Bronn